Bien qu’à Pointus nous ne nous faisons aucune religion du sacro-saint classement Michelin chez Pointus, notre première expérience dans un 2* était attendue ! En effet, face à la grande variété de style et d’ambiance des tables 1* (du Chiberta à Toutain, en passant par Septime ou Sola), l’homogène sens de la perfection et l’exigence absolue des tables 3* (Arpège, Hov Van Cleve, André), nous étions dans l’expectative de découvrir le maillon intermédiaire du double étoilé. Notre dévolu est jeté sur Kei, qui se trouvait dans notre wishlist depuis plusieurs années, alors que sa cote montait inexorablement. Alors, quel verdict pour ce premier 2* ?
Large devanture vitrée, semi-voilée par un rideau à l’élégant motif ciselé, la facade du restaurant Kei est à la fois très discrète et très élégante, dans cette petite Rue Coq Héron du 1er arrondissements de Paris. On traverse l’entrée, en apercevant les cuisines sur la gauche, avant de rejoindre la grande salle d’une dizaine de tables, où nous attendent nos complices du soir, émérites gourmets et fins oenophiles.
- Menu Découverte à 110 € (sauf samedi soir) – 6 plats (3 entrées ; 1 plat ; 2 desserts)
- Menu Dégustation à 150 € – 8 plats (4 entrées ; 2 plats ; 2 desserts)
- Menu Prestige à 199 € – 8 plats + produits nobles
Nous prenons le chemin du menu Dégustation alors qu’atterrissent un ensemble d’amuse-bouches, particulièrement frais et légers, à l’image de cette première bouchée glacée qui vient d’emblée réveiller les papilles. Une proposition plus tard, un duo d’entrée mémorable vient nous claquer sur chaque joue : d’un côté cet ovni végétal déstructuré, à détruire et recomposer ; de l’autre un concentré de gourmandise transalpine avec ces charnus gnocchis à la crème de parmesan. Deux propositions diamétralement opposées, qui auront comme fil conducteur le plaisir, la gourmandise et une justesse dans l’équilibre des gouts (même si on ne s’empêchera pas d’ajouter un peu de poivre de Phu Quoc dans cette incroyable sauce parmesan !).
Salade de légumes croquants, saumon et émulsion, plat signature
Les plats sont parfaitement exécutés, d’abord avec ce bar rôti avec ses écailles, caviar de citron, crème citron, et asperge. Cochon Bellota, cuit comme un tataki, est un épatant trompe-boeuf et une magnifique découverte.
A l’image de la plupart de nos récentes expériences (dont Hof Van Cleve 3*), nous aurons chez Kei été davantage touchés par les entrées, desserts et interstices que par les plats eux-mêmes, bien que nous n’ayons rien à leur reprocher.
Dans le verre, le repas aura été parfaitement accompagné par le raffinement d’un duo bourguignon : d’abord en blanc avec ce très racé Pouligny 2011 ; puis en rouge avec un élégant Chassagne-Montrachet.En salle : service aux petits soins, staff en classique costume-cravate, mais jeune et plutôt décontracté. La salle elle-même est chic mais sobre voire minimaliste… et mériterait peut-être quelques touches de folie ou oeuvres d’art marquantes, pour rivaliser avec les assiettes.
Conclusion
Après nos récents coups de coeur ERH et Etudes, Kei marque l’apogée d’une saisissante lignée de chefs japonais expatriés à Paris qui re-interprètent une cuisine française, non pas en la fusionnant à coup de clins d’oeil nippons stéréotypés, mais en la sublimant par cette désarmante justesse et précision qui les caractérise. Kei livre ici une cuisine française aiguisée comme un katana, dans laquelle se niche quelques indices asiatiques et une dose de créativité parfaitement sentie. Son style épuré, précis, élégant et équilibré signe en effet une expérience qui dépasse sans débats le niveau 1*, tandis que son relatif jeune âge laisse présager un beau potentiel d’évolution… dans lequel il pourra, peut-être, assumer et exprimer davantage son potentiel créatif et ses origines.
P.S. Le chef était absent ce soir-là… mais on ne s’en ait pas douté une seconde !
5 Rue Coq Héron, 75001 Paris, France
Inscrivez-vous à la Newsletter Pointus
Les meilleures tables, de beaux hôtels et des idées pour vous évader tous les mois.
Vous aimerez aussi
27 avril 2026
Lovevery : donner du sens et du style aux jouets éducatifs
Dans l’univers de la petite enfance, il existe deux catégories d’objets : ceux que l’on accumule… et ceux qui transforment réellement le quotidien et l’éducation des enfants. Lovevery…
6 avril 2026
Tadao Ando au Château La Coste : un restaurant au coeur d’une architecture signature
Il y a des adresses qui s’imposent comme une évidence dès que l’on pousse la porte. Le restaurant Tadao Ando au Château La Coste, niché au cœur du domaine viticole et artistique du…
6 avril 2026
Joone Paris : les couches écologiques qui réconcilient soin, transparence et exigence
Un enjeu environnemental majeur L’industrie de la couche jetable est l’une des plus polluantes du secteur textile et hygiène combinés. Un enfant utilise en moyenne de 4 000 à 6 000 couches avant…
10 mars 2026
SAGE, la bistronomie engagée qui fait vibrer Marseille
Il y a des restaurants qui font du bruit avant même que l’on y mette les pieds. SAGE, installé rue Grignan dans le 6e arrondissement de Marseille, est de ceux-là. Repéré par le Guide Michelin…
9 mars 2026
Calme et émotions par le jouet : Elio & Mon Petit Morphée
Dans un quotidien où les stimuli sont permanents, les enfants (tout comme les adultes qui transmettent) peuvent avoir besoin de repères concrets pour réguler leurs émotions, s’endormir sereinement,…
17 février 2026
Diaper Genie Platinum : repenser la poubelle à couches avec exigence
Pourquoi la poubelle à couches compte autant qu’une couche elle‑même Dans l’imaginaire collectif, les accessoires de puériculture se résument souvent à quelques objets techniques. Pourtant,…
17 février 2026
Amilo, filtre à eau pour l’habitation avec vitalisation
Pourquoi installer un filtre à eau vitalisant Amilo Pourquoi je l’ai installe et pourquoi je ne reviendrai plus jamais en arrière. Il y a des décisions qui, une fois prises, transforment…
12 février 2026
Micro-Needling & Exosomes avec christophe desouches à Marseille
Micro-Needling & Exosomes : une approche pionnière de la régénération tissulaire À Marseille, le cabinet du Dr Christophe Desouches, chirurgien plasticien et pionnier dans l’utilisation…
2 février 2026
Jolibump : une mode de maternité durable, sans compromis sur le style
Une marque française née d’un réel besoin Créée en 2016, Jolibump s’est imposée comme une réponse cohérente à un manque : celui de vêtements de maternité à la fois confortables, durables et…


















