Kokoro : de l’héritage Arpégien au bistronomique japonisant

11, Juin, 2017 | 5ème, Arrondissements, Asiatique, Français, J'ai eu ma paie, Japonais, Paris

Note

Kokoro c’est l’art et la manière de proposer au client une cuisine inventive, raffinée, séduisante et généreuse pour 29 euros en soirée…
Nous remercions chaleureusement le Gastronome Parisien, qui nous a fait découvrir ce restaurant, en oubliant de le mentionner dans les restaurants ouverts cet été :).

Situé entre le métro Cardinal Lemoine et Jussieu, au 36 Rue des Boulangers, Kokoro illumine le cinquième arrondissement d’un savoir faire culinaire incontestable.

Autant se le dire, nous avons été littéralement éblouis par la perfection des plats qui nous ont été proposés ce soir-là; nous étions pourtant accompagnés de deux fins gourmets, mais Kokoro a su faire l’unanimité.
L’endroit, chaleureux, accueillant et lumineux témoigne d’une sobriété mesurée : murs blancs, design sobre et grisé. C’est moderne et plaisant. Dès l’entrée on découvre une pièce en hauteur avec une mezzanine surplombant une belle cuisine ouverte, où l’on voit le cuisinier préparer les commandes. Un charmant serveur nous accueille et nous escorte jusqu’à notre table située en hauteur, nous nous installons sur nos sièges inspiration Eames. C’est confiné et cozy, on adore.

La carte débarque, le soir menu unique à 29 euros pour une entrée, un plat et un dessert. Compétitif ! Pour ce prix, le choix est nécessairement restreint, mais n’en reste pas moins intéressant. Le tout a été pensé intelligemment et permet de satisfaire tous les gouts.

En attendant l’arrivée des plats, une odeur chatouille nos narines, puis nous voyons débarquer le pain… et pas n’importe lequel ! Celui qu’on aimerait avoir tout les jours à notre table ; celui qui croustille en bouche et dégage des arômes de fruits secs, différents à chaque nouvelle bouchée, le tout fait maison dans leur sacro-saint four. Nous apprenons qu’il est fait maison, par la patronne au passé de pâtissière de haut niveau. Il n’est malheureusement pas en vente, mais vaut à lui tout seul le détour…

Ce soir-là en entréemoules de Bouchot du Mont Saint-Michel, concombres, huile d’herbes et pistaches ou ravioles de foie gras croustillantes, consommé de tomates légèrement fumé et choux pointu. Ces entrées, toutes deux très différentes, témoignaient d’une maîtrise tant en termes de saveurs que de cuisson assez bluffantes ! L’entrée de moules tirait son épingle du jeu en proposant un plat construit et aboutit d’un équilibre parfait. Le coup de cœur revient néanmoins aux ravioles de foie gras, un plat original et totalement maîtrisé, qui va droit au but: sublimer les produits et créer des associations de saveurs et de textures.

En plat, nous avions le choix entre un poisson (dos de cabillaud) et une viande assez peu commune, le chevreau, accompagné de pomme de terre ratte, poivrons, maïs et lard gras. Les deux plats étaient excellents, aucune fausse note.
Le coup de cœur revient cette fois-ci au dos de cabillaud qui prouvait que la perfection existe en matière de cuisson, et fait toute la différence. Le chef est resté évasif sur le type de cuisson qu’il avait choisit pour réaliser ce plat, toujours est-il que le résultat était au rendez-vous.
Des plats aériens et originaux, une belle réussite ; comme dirait notre cher François-Régis Gaudry: « Un Très Bon ».

En dessert nous partons tous sur la tarte, une nouvelle fois le Chef et sa femme nous prouve leur maîtrise du sujet : le niveau de qualité est maintenu en passant du salé au sucré, ce qui est assez rarement le cas.

Après le dîner nous avons eu la chance de discuter avec le Chef, qui nous apprend que sa compagne, d’origine Japonaise et qui l’accompagne dans ce projet, excelle dans la réalisation de desserts, très créative elle propose au goûter des pâtisseries inspirées et généreuses aux saveurs franco-japonaises. Les deux sont passés dans la cuisine de grands chefs étoilés, ils se sont formés auprès d’exemples de réussite pour décider de monter leur propre restaurant, à leur image, qui condense le meilleur de tout ce qu’ils ont appris.
Sans nul doute, un duo compétent, authentique, créatif, et complémentaire en plus d’être touchants.


En conclusion: Kokoro est un restaurant franco-Japonais tenu par deux passionnés de cuisine qui sont passés derrière les fourneaux des plus grands chefs. Les mets qu’ils nous proposent sont justes, savoureux, généreux et proposent des associations de saveurs surprenantes qui témoignent d’une créativité fusionnelle. La carte change toutes les semaines, pour un effet « surprise » à chaque visite… Un restaurant à ne pas rater dans le 5ème, la rive gauche et bien au-delà !


Kokoro