L’Atelier de Joël Robuchon à Singapour : l’empire s’étend !

25, Juin, 2017 | Asie, Evasion, Singapour

Note

Singapour, aussi étendue qu’étroite, s’avère être le paradis des gourmets en soif de modernité. De très belles tables ont posé leur valise sur cette île du Sud-Est, et Joël Robuchon n’échappe pas à la règle. Nous n’avions pas testé l’Atelier de notre quartier, alors pourquoi ne pas l’essayer à l’autre bout du monde ?

Nous voilà donc partis sur l’île de Sentosa, au Sud de Singapour, un paradis de jeux et de divertissements, où l’on trouve notamment les Universal Studios. Après avoir traversé un dédale de couloirs très « Disney », on atterri dans l’hôtel de luxe Resort World Sentosa. On découvre le lieu, fidèle aux autres adresses du chef : couleurs sombres et vives, lumières tamisées, mobilier moderne, on retrouve la même recette appliquée. Après avoir jeté un œil au menu, on opte pour le menu appétit qui permet de choisir en fonction de son appétit, le nombre d’entrées et de plats sur une petite sélection de la carte. Par forcément affamés à ce soir là, on reste sage avec le menu classique à 47 euros (amuse-entrée-plat-dessert-café).

L’amuse au foi gras débarque, accompagné de sa merveilleuse panière de pains maison (celui là même qui nous avait tant manqué). Bien que l’amuse soit bien équilibré et prouve la volonté des chefs de s’inscrire dans la cuisine française traditionnelle, on préféra analyser les différentes textures de pains proposés, qui s’avère toutes plus intéressantes les unes que les autres. Un grand bravo pour le pain de mie fourré aux olives !

Je pars de mon côté sur une entrée chaude, constituée d’un œuf de poule coque sans coque, sur un soyeux de comté et piperade légèrement épicée. Bien maîtrisé, le plat est gourmand et n’hésite pas a varié les textures, notamment grâce au crispy qui surplombe l’assiette.
Mon acolyte se laisse quant à lui tenter par le saumon mariné en fines lamelles, une entrée froide agrémentée d’un « frou-frou » de haricots au beurre (comprenez lit de haricots en trompe l’œil). Cette entrée, plus classique, surprend toutefois par son aspect qui ressemble plus a un gratin de macaronis qu’à un étalage de légumes.

Après quelques minutes de répit nous laissant admirer l’effervescence de la cuisine, on embraye sur les plats : un bar laqué aux épices douces, fenouil confit au safran pour Monsieur (recommandé par notre très charmant serveur) et une morue confite, service dans un bouillon de légumes aux saveurs provençales pour Madame. Dans les deux cas les plats sont justes et les cuissons maîtrisées, on regrette toutefois un léger sous – assaisonnement pour le bar. Les deux assiettes sont belles à voir et s’inscrivent dans la veine de la cuisine bistrotière haut de gamme que l’on peut trouver à Paris.

On passe ensuite aux desserts, et ce sera finalement la partie que l’on aura préféré : après recommandation, monsieur grand amateur de rhum, part sur le parfum des îles, constitué d’un crémeux aux fruits de la passion, d’un granité au rhum ultra concentré et d’une « onctuosité » à la noix de coco, à mi-chemin entre la chantilly et la crème glacée. Ce dessert, s’avère être très intéressant pour ses alliances de saveurs et ses jeux de textures qui alternent entre le croquant et le moelleux.
Sur la fin de notre séjour, et peut-être un peu en manque de France, on opte traditionnellement pour le Paris-Brest. Ce dernier, à la pâte à chou croustillante légèrement praliné et au cœur coulant de noisette, s’avère être une tuerie. Hormis celui de la pâtisserie des Rêves, je n’ai pas eu l’occasion d’en manger de meilleur (jusque là).

Nous avions beaucoup hésité avec le « chocolat » 100% valrhona lui aussi largement recommandé par notre serveur, qui eut la gentillesse de nous le proposer en plus pour que nous puissions le gouter. Ce dernier composé d’une mousse light au manjari et un coulant de dulcey, s’avère malgré ma non-affinité avec la fève cacaotée, être un excellent dessert. Le chocolat manjari, d’une puissance absolue, vient enrober la rondeur du dulcey créant une harmonie de saveurs, d’une indécente gourmandise.


Pour conclurel’Atelier de Joël Robuchon à Singapour propose des menus bien plus abordables que ceux de Paris et permet de déguster une cuisine française moderne, à l’autre bout du monde.


Atelier Joel Robuchon Singapour