
Bugaboo Giraffe : une chaise haute qui élève vraiment l’enfance
Il y a des objets que l’on installe, et d’autres que l’on intègre. La Bugaboo Giraffe, elle, ne se contente pas d’être une chaise…
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Comme le Vitaliseur dont nous vantons les mérites depuis plus de 10 ans, la chaise Tripp Trapp semble traverser les époques.
Conçue en 1972 par le designer norvégien Peter Opsvik, cette chaise haute est devenue l’un des rares objets de puériculture à avoir dépassé sa fonction première pour entrer dans l’histoire du design familial. Plus qu’une chaise pour bébé, elle propose une autre manière de penser la place de l’enfant dans la maison : non pas à côté, non pas à part, mais pleinement intégré à la vie familiale. C’est probablement ce qui explique sa longévité.
Depuis plus de cinquante ans, la Tripp Trapp accompagne les repas, les premiers gestes autonomes, les petits-déjeuners encore endormis, les dîners animés, les devoirs, les dessins, les conversations de cuisine. Elle grandit avec l’enfant, mais elle grandit aussi avec la famille.
La grande intelligence de la Tripp Trapp tient à son point de départ. Avant elle, la chaise haute séparait souvent l’enfant du reste de la table. Elle l’installait dans un dispositif à part, parfois pratique, mais rarement intégré au rythme familial. Peter Opsvik imagine au contraire une chaise qui permet à l’enfant d’être à hauteur des adultes, au cœur du repas, dans le même espace, au même niveau symbolique.
Ce détail change tout. À table, l’enfant n’est plus seulement nourri. Il observe, participe, imite, échange, apprend. Il comprend peu à peu les gestes, les regards, les conversations, les habitudes. La table devient un lieu d’apprentissage du lien autant que de l’alimentation.
C’est cette philosophie qui rend la Tripp Trapp si actuelle. À une époque où l’on parle beaucoup de motricité libre, d’autonomie, de parentalité consciente et d’environnement pensé à hauteur d’enfant, cette chaise semble avoir eu raison avant tout le monde.
Le monde de la puériculture est saturé d’objets encombrants, plastifiés, temporaires, que l’on achète dans l’urgence et que l’on rêve déjà de voir disparaître du salon. La Tripp Trapp fait exactement l’inverse. Avec sa ligne en bois, son profil graphique et sa silhouette immédiatement reconnaissable, elle s’intègre dans une maison comme un vrai meuble. Elle ne cherche pas à se cacher. Elle ne ressemble pas à un équipement médicalisé ni à un accessoire provisoire ni à un élément éminemment étiqueté pour enfant. Elle assume sa présence, mais avec une sobriété suffisamment élégante pour traverser les styles et les âges.
L’assise et le repose-pieds réglables permettent d’adapter la chaise à la croissance de l’enfant. Le corps est mieux soutenu, les pieds peuvent trouver un appui, la posture devient plus stable. Pour un bébé qui commence à manger, pour un enfant qui gagne en autonomie, puis pour un plus grand qui continue à s’asseoir à table, cette évolutivité est l’une des grandes forces du modèle. La Tripp Trapp n’est pas un objet que l’on utilise quelques mois avant de le ranger. C’est une chaise que l’on garde.
L’autre force de Stokke est d’avoir conçu la Tripp Trapp comme un véritable système évolutif. Avec le Newborn Set, le nourrisson peut rejoindre la table dès les premiers mois, à hauteur de regard, dans une position adaptée. Plus tard, le Baby Set transforme la chaise en assise sécurisée pour le bébé qui commence à se tenir assis. Puis, progressivement, la chaise se simplifie, se règle, se réinvente, jusqu’à devenir une assise d’enfant, puis d’adolescent, voire d’adulte. Je l'ai observé avec mon bébé, qui a exploré ses premières assises dedans, avec une grande sécurité.
Dans les premières années, les objets s’accumulent vite. Tout semble pensé pour durer peu. La Tripp Trapp propose une autre logique. Elle s’inscrit dans une consommation plus durable, plus intelligente, plus cohérente avec la réalité d’une maison familiale.
La diversification alimentaire est souvent un moment aussi joyeux que chaotique. Il y a les premières purées, les morceaux écrasés, les mains dans l’assiette, l’eau renversée, les tentatives d’autonomie, les refus soudains, les grandes découvertes et les petits désastres quotidiens. Dans cette période, la chaise haute devient un objet central de la maison. On peut l'équiper d'un renfort Catchy dont nous vous parlerons qui s'avère très pratique au démarrage.
La Tripp Trapp rappelle que le repas est un moment relationnel, sensoriel, éducatif. Un moment où l’enfant découvre les textures, les goûts, les gestes, mais aussi la convivialité.
Le prix de la Tripp Trapp peut sembler élevé au premier regard, surtout lorsqu’on ajoute les accessoires nécessaires selon l’âge de l’enfant. Mais il faut probablement la regarder autrement. Une chaise haute classique sert souvent quelques mois, parfois deux ou trois ans. La Tripp Trapp, elle, peut accompagner l’enfant pendant toute sa croissance. Elle peut ensuite passer à un autre enfant, rester autour d’une table, devenir une chaise de bureau, se transmettre, se revendre.
Elle appartient à cette catégorie d’objets que l’on achète une fois, mais que l’on comprend vraiment avec le temps.
La Tripp Trapp de Stokke est l’un des plus beaux exemples de design appliqué à la vie familiale. Elle réussit à transformer un objet de puériculture en meuble iconique, utile, élégant et durable. Elle accompagne l’enfant de la naissance à l’enfance, puis bien au-delà, sans jamais perdre sa pertinence.
On l’aime pour son esthétique intemporelle, son intelligence ergonomique, sa capacité à rapprocher l’enfant de la table, mais aussi pour ce qu’elle dit d’une certaine idée de la parentalité : une parentalité où l’enfant a sa place, dès le début, au cœur de la maison.