Restaurant Robert (11eme) : cantine bistronomique franco-australienne !

2, Juil, 2018 | 11Ăšme, J'ai eu ma paie, Paris

SituĂ© dans une rue calme du 11Ăšme, Robert attise la curiositĂ© du badaud avec sa large devanture en verre, derriĂšre laquelle se trouve un bel espace intĂ©grĂ© avec un mobilier sobre, Ă©purĂ© mais raffinĂ©, des tables bien espacĂ©es, un bar et bien sĂ»r, une cuisine ouverte derriĂšre laquelle tout prend vie. DerriĂšre cette adresse de quartier se (re)trouve LoĂŻc Martin et Édouard Bergeon, l’équipe qui a dĂ©jĂ  sĂ©vi avec succĂšs au Martin – Boire et Manger. Mais s’il y a un homme Ă  retenir ici, ce sera plutĂŽt l’australien Peter Orr, ex-Au Passage, qui amĂšne Ă  ce Robert toute la fraicheur de la nouvelle cuisine australienne, visiblement Ă©picentre mondial de la coolitude dans l’assiette en 2018.

InstallĂ©s, nous sentons d’emblĂ©e que le service est de qualité et comme on l’aime : prĂ©sent mais tout en discrĂ©tion, alerte mais pas envahissant, et surtout maitrisant ses sujets, notamment celui des liquides ! DĂ©marrage sur les chapeaux de roue donc avec deux vins : ici un VinocĂ©ros de Christophe Guittet (Rousillon – 100% Vermontino), Ă  la fois rond et vivace ; lĂ  un Melon de Bourgogne de la SƓur Cadette, luis aussi trĂšs Ă©quilibrĂ©, un peu plus racé !

Dans l’assiette, les festivitĂ©s sont lancĂ©es avec un duo d’entrĂ©e surprenant et marquant :

– Asperges blanches, anguilles fumĂ©es, amandes fraĂźches, pommes 

-Encornet nduja dans leur ancre, pommes de terre, petits pois, riz soufflé

Si la proposition autour de l’asperge est superbement rĂ©ussie, pleine de fraicheur, la mention spĂ©ciale revient Ă  cette Ɠuvre noire, gourmande, croquante et Ă©tonnante, oĂč les dĂ©s d’encornets se mĂ©langent Ă  des dĂ©s de pommes de terre, les petits pois frais et le riz soufflĂ© croquant, liĂ©s par cette ancre crĂ©meuse : miam !

L’aventure se poursuit avec nos plats, Ă  commencer par un merlu de ligne, fregola, palourdes, tomate datterino. La composition est rĂ©ussie mĂȘme si on aurait voulu que ce jus soit plus marquĂ©, un peu trop insipide en l’état… mais le plat venait d’arriver Ă  la carte, Ă  ajuster donc ! De l’autre cĂŽtĂ© en revanche, ça ne manque pas de puissance avec ce cochon fermier, boudin noir, gnocchi shiitake : ça envoie dans le gourmand, notamment avec ces gnocchis de haut vol, faits maison s’il-vous-plait !

On passe en douceur vers les desserts, carrĂ©ment gĂ©niaux : panna cotta Ă  la fleur de sureau, fraises, meringues, atsina, possiblement la meilleure panna cotta de notre vie, pas Ă©cƓurante, plein de peps, de fraicheur, de textures – une incroyable composition de saison ! LĂ -bas, pressĂ© de pommes, tuile d’amende, glace beurre-noisette : une pure bombe, avec une sensation de tatin montĂ©e au 7Ăšme ciel !

 

Pour conclure : trĂšs belle Ă©popĂ©e bistrotiĂšre chez Robert, dans l’assiette comme dans le verre. A saisir pour le plaisir d’un soir, en couple ou entre amis, et notamment pour se frotter au gĂ©nie de cette gĂ©nĂ©ration de chefs australiens !

 

Robert Restaurant

32 Rue de la Fontaine au Roi, 75011 Paris, France