Un bar à vins nature par David Rougier

Ouvert depuis le 15 décembre seulement, le nouveau bar à vins naturels Etna, n’est pas passé inaperçu. Situé Rue Mazarine l’Etna a pris la place de l’ancien Epure (bar  à vins de l’Agapé Substance) qui avait à sa direction le jeune et talentueux David Rougier. Ancien chef sommelier du restaurant doublement étoilé Akrame, on pourrait facilement en écrire des tartines sur sa réussite si précoce, ses anciennes maisons exemplaires (le Meurice, le Bristol…) mais nous allons nous en tenir au fait, qu’il ne lui aura pas fallut longtemps pour lancer son propre endroit, à son image. Son image c’est avant tout celle d’un bar raffiné, confiné et convivial à l’ambiance parfaitement maîtrisée. Ce bar à vins naturels est un écrin de raffinement, un endroit relativement petit, où voisinent le bois précieux, la pierre de taille et les verres de cristal. Les clients s’assoient autour d’un long bar boisé en forme de paquebot, éclairé par des lumières tamisées.

Nous entendons au loin, la voix de David Rougier « La carte c’est moi »; soulagés mon compère et moi nous laissons donc guider. Il suffit d’exprimer au sommelier vos goûts et préférences, il saura sans nul doute vous surprendre et vous dénicher la perle rare. Pour les « vrais connaisseurs » (ce qui n’est pas notre cas), il y a toujours une carte des vins à laquelle se référer, mais ce n’est qu’une sorte d’amuse-bouche de ce que le sommelier pourrait vous proposer ! Autant se laisser aller… Sachez que les prix sont honnêtes, voire en dessous de ce à quoi nous nous attendions: verres à partir de 5 euros, en moyenne dans les 7 euros.

Du solide exigeant

Après avoir liquidé un premier verre de prosecco aussi surprenant par sa robe cireuse que par son gout cristallin, une petite faim nous vient…La carte est ultra alléchante et contraste avec celles que l’on trouve en général dans les bars à vins de la Capitale. Structurée en 4 sections vous y trouverez un potager, une étable, la mer et bien évidemment la terre.
Ni une, ni deux, la commande est passée: un tartare de boeuf (12 euros), une assiette bellota (14euros), une assiette de légumes de saison (9 euros).

Les assiettes débarquent, on est dans du haut de gamme, des tapas gastronomiques très joliment dressés, le tout réalisé à partir de produits frais ultra-sélectionnés, David nous propose ici la crème de la crème: tartare (a essayer absolument) dont la viande vient tout droit de la nouvelle boucherie chic et hype Polmard à Saint-Germain des Près. Le jambon est quant à lui signé bellota cette dentelle jambonesque, fondante à souhait qu’on aimerait manger au kilo… Pour l’accompagner, un pain frais, épais, gourmand, campagnard et savoureux. L’assiette de légumes, digne d’un dressage made by Jean Imbert a elle aussi de nombreux atouts, relevée par une petite sauce citronnée d’une bluffante justesse. La fusion est parfaite, les saveurs s’entremêlent et s’allient parfaitement à notre sec et fruité vin blanc.
Une adresse encore en rodage avec un service qui traîne parfois en longueur, David Rougier étant parfois débordé, puisque présent sur tous les fronts, il faudra certainement, en vue de son succès, déléguer un peu les activités…

Pour conclure :

Ce soir là, je suis tombée amoureuse d’un lieu, d’un sommelier, d’un vin et d’un tartare… Etna qui selon Géraldine Martens de Sofood Mag signifie « Je brûle » nous a effectivement chauffé la tête. Une très belle adresse, d’un perfectionnisme rare qui permet d’aussi bien manger et boire. Un sommelier très sympa et avenant qui maîtrise parfaitement ses domaines… Des prix honnêtes qui restent sages et qui surprennent pour le quartier. En tant qu’illettrés du vin, on apprécie particulièrement les petites recommandations sous chacun des plats, qui guident notre choix et nous donne une idée précise du type de liquide qui accompagnerait le mieux notre assiette. Une bonne manière de se projeter et peut-être même d’affiner notre connaissance en éduquant notre juvénile palais…

Adresse :
33 Rue Mazarine,
75006 Paris, France