Tiger : le bar à gin multi-sensoriel Rue de Princesse, 6ème

25, Juin, 2017 | 6ème, Abordable, Arrondissements, Bar à cocktails, Boire, J'ai eu ma paie, Paris

Note

Le 6ème commence à être envahi de félins, mais celui-ci est une espèce rare… Tiger, nouveau « bar à Gin », vient de s’installer  sur la très populaire Rue de Princesse, mieux connue sous le nom de « Rue de la Soif« , haut lieu de rencontre des amateurs de sports télévisuels de boissons houblonnées.
Ici, vous ne trouverez pas d’écran de retransmission, mais une galaxie d’enceintes Elipson, aux bulbes bien galbés, diffusant des playlists évolutives de qualité et nous font ronronner de plaisir. L’ambiance « tropicool », exotique et moderne, est instantanément aguichante, intrigante et cosi : c’est d’ailleurs ce qui attire en premier le regard du badaud, à la recherche de sa destination nocturne…

On pousse la porte : trois espaces distincts s’offre à nous instantanément. Un premier, le bar, compte un long comptoir boisé, des épices en tout genre et surtout un énorme bloc de glace que le mixologiste taille en direct à la commande. Un escalier aéré (dont l’allure rappelle aux amateurs d’Art Déco celui de la Maison de Verre de Pierre Chareau), mène à un second espace, envahi par une nature asiatique débordante : papiers peints, plantes vertes, banquettes molletonnées, sont autant de réminiscences des établissements trendy Singapouriens et Taïwanais. Enfin, cette fois-ci en contrebas, un espace plus en retrait, constitué d’une banquette et d’une table de bar s’avère être l’endroit parfait pour les réservations de groupe.
Après observation, on s’imprègne de l’endroit et c’est sans nul surprise que l’on apprend que les architectes du cabinet Cut sont passés par là… On apprécie le mobilier fait d’un matériau à base de copeaux de bois et de marbre, s’alliant parfaitement à la noblesse des assises contemporaines, le tout particulièrement pensé avec une attention portée aux moindres détails (accroches pour sac, rebords pour poser ses accessoires, porte-manteaux pour se désencombrer…)

Pour notre part, on décide de s’installer sur notre perchoir, sur de généreuses banquettes séparées par une table sans pied… (idéal pour jouer des pieds avec son acolyte sous la table 😉 On prend connaissance de la carte, qui ne laisse elle non plus rien au hasard : la première page propose une sélection de cocktails en dessous de 20°C, permettant une entrée en matière soft pour ménager son palais. On apprécie la charte graphique, l’infographie et les visuels décrivant chaque création (exit donc les mauvaises surprises). Au centre de la carte, une sélection de tapas teintée de notes asiatiques et répondant aux ingrédients de nos cocktails. Une belle manière de matcher le liquide et le solide ! La deuxième partie de la carte est consacrée aux gins tonic, déclinés, et subtilement agrémentés de leur « tonic maison« , ainsi qu’une sélection de cocktails plus classiques pour les non-aficionados de gin, le tout pour des prix relativement serrés, surtout pour le quartier… Enfin la dernière page est consacrée aux autres plaisirs liquides avec une petite sélection de vins (préalablement sélectionnés chez « Champagnes et Vins »), une bière à la pression, et l’annonce d’une sélection de bières plus artisanales. On apprécie cet effort dans l’univers parfois monomaniaque des bars à cocktails (notamment les congénères  Castor Club ou Prescription Cocktails Club pour ne pas les citer).

Mon compère se lance pour un Martinez, tandis que je me laisse conseiller par l’une des très aimables serveuses, venue tout droit d’Argentine, par le gin Normand, généreusement infusé dans des pommes caramélisées. Dans les deux cas, on est surpris par la subtilité des saveurs, qui sont marquées sans trop l’être et surtout dénuées de tout surplus sucré inutile. Les glaçons, préalablement taillés dans l’impressionnant bloc de glace, ne fondent pas et ne viennent donc pas diluer le gout de notre cocktail que l’on sirote langoureusement.

Abordés par Charles, l’un des associés du lieu et lecteur de Paris6ème, nous prolongeons la soirée en contrebas, l’occasion de tester le (futur best seller) Oh My Dog, encore une fois aux saveurs brutes et bien trempées, et surtout beaucoup trop addictif. On se laisse également tenter par une assiette gravlax de saumon, qu’on ne regrettera vraiment pas ! Tranché de façon plus épaisse qu’un carpaccio, mais moins épaisse qu’un gravlax traditionnel, on apprécie la fraicheur du poisson, et ses saveurs racées, twistée par une jus de citron et des aromates fraichement taillés. Les petites pointes de caviar sont plus qu’appréciables, et la fleur de lotus frites est carrément gourmande.

Pour accompagner un dernier Oh My Dog, on opte pour le tiramisu au thé vert (nos lecteurs réguliers connaissent mon affection pour cette poudre précieuse… Ce dernier, gourmand, a encore quelques progrès à faire, notamment du côté de la texture (biscuit imbibé manque à l’appel), mais je suis sûre qu’avec le professionnalisme et l’exigence des gérants, il sera très vite corrigé !


Pour conclure : Vous l’aurez compris, le Tiger sort les griffes et trône en roi de la Jungle rue Princesse. Cette nouvelle adresse coup de coeur se prête à toutes les occasions: apéro, diner, after drinks, en couple ou entre amis… Plaisirs gustatifs et auditifs se mêlent dans un cadre original, moderne, raffiné et hybride. On ne s’attendait pas à ce qu’une si belle adresse s’installe dans le quartier : wecome !


Tiger