Restaurant Jérémie, escale bistronomique dans le 16e

12, Juin, 2017 | 16ème, Bistronomique, J'ai gagné au loto, Manger, Paris

Note

Quand Pointus se rend dans le 16ème ce n’est pas pour aller n’importe où et pour cause !
Le restaurant Jérémie situé dans le 75116 (oui oui il existe un 75116 arrondissement poke Le Grumeau) est une petite perle des beaux quartiers. Aux commandes de ce navire immaculé, on trouve Jérémie Tourdjman, un chef émérite au curriculum vitae long comme le bras dont nous entendrons sans nul doute parler.

Peut habitués à venir diner dans cet arrondissement, nous entrons dans un restaurant mesurément décoré, agréable et chic. Le lieu n’en fait pas trop et c’est tant mieux, les restaurants fils à papa ne sont pas trop de notre style. Nappes sur les tables, couverts en argents, verres en cristal, Jérémie annonce dès le début la couleur : on est dans la version haut de gamme des bistronomiques que l’on a l’habitude de voir.
La carte s’harmonise d’ailleurs parfaitement avec le lieu proposant des plats relativement classiques mais recherchés, on sent la maîtrise rien que dans les intitulés.

Madame opte en premier acte pour une entrée des plus gourmandes à savoir une fricassée d’asperges vertes de Provence, champignons, œuf croustillant et lard fumé. A le voir trôner dans son assiette l’œuf a clairement fière allure, on dégouline d’ailleurs de bonheur au moment de trancher la bête en deux : parfaitement mollet et frit, il témoigne d’une maîtrise technique absolue. La fricassée est quant à elle carrément corsée, rehaussée par quelques têtes d’asperges et de champignons légèrement croquants, lui apportant la mâche nécessaire pour atteindre la perfection.
L’autre entrée est elle aussi très réussie bien que moins surprenante. Ce tourteaux en émietté accompagné de sa royale de petits pois et sa salade d’herbes, est relevé par une vinaigrette légère au curry. L’ensemble est agréable pour sa fraîcheur et la justesse des assaisonnements. On applaudi à deux mains le sourcing des pois croquants, dont la saveur sucrée témoigne de leur raffinement.

Après un court intermède on embraye sur les plats qui élèvent encore d’un cran le niveau de ce bistro très gastro. Le filet de sole qui m’a été servi ce jour là, pourrait parfaitement être labellisé « meilleur poisson de l’année ». Cuite à la perfection, la sole soufflée est accompagnée de petits pois à la française et d’une émulsion au lard fumé qui vient recouvrir le tout, donnant au plat un côté très mystérieux. Là encore le chef se démarque pour sa maitrise incontestée des techniques de cuisson. L’émulsion est elle aussi parfaitement amenée, aérienne on aurait presque envie de la croquer.
Monsieur se laisse quant à lui tenter par des aiguillettes de côte de cochon fermier, accompagnées de morilles des près à la crème et de petits pois à la sauce. Le chef met ici l’accent sur le jus encore une fois très maitrisé, corsé et relevé. On ne se lasse pas de venir y tremper notre pain de campagne indécemment gourmand.

Après avoir atteint le nirvana culinaire avec cette farandole de plats savamment pensés, on se laisse aller à deux desserts et pas des moindres ! Nous attendions en effet avec impatience le millefeuille à la vanille Bourbon accompagné d’une sauce caramel au beurre salé : ce dernier, largement relayé par les réseaux sociaux, nous avait donné l’eau à la bouche même pixelisé ! D’une hauteur démesurée et d’une gourmandise sans égal, il débarque fièrement et nous fait baver de plaisir. Il vient d’ailleurs directement concurrencer celui de chez Bouillon que nous avions pu tester quelques jours auparavant avec nos compagnons du Grumeau.
La brioche en pain perdu accompagnée de ses pommes caramélisées et d’une délicieuse crème glacée à la vanille n’est pas mal non plus dans son genre. Adeptes de celui de monsieur Lignac, celui-ci nous séduit pour sa justesse et son côté « je suis un pain perdu mais léger », comment le chef à fait ? Lui seul en a le secret. On note en sus, une belle cuisson des pommes, parfaitement caramélisées et pas trop sucrées.


Pour conclure : Le chef Jérémie Tourdjman, aussi habile en cuisine qu’il ne l’est avec ses clients après le service, propose dans son restaurant une cuisine franche, traditionnelle et plutôt très bien troussée. Les prix ne sont pas serrés, du moins au dîner, mais pour ceux qui peuvent se le permettre, cette adresse est un must-do du 16ème !


Jérémie Restaurant