Le Diane : Restaurant Michelin en rotonde sur les Champs-Élysées

25, Juin, 2017 | 8ème, Gastronomique, J'ai gagné au loto, Manger, Paris, Terrasse

Note

On avait plus entendu parler du Fouquet’s que du Diane, le restaurant étoilé de l’hôtel Lucien Barrière mais à tord ! Situé sur les Champs-Élysées, plus besoin de présenter cet anthologique établissement, le restaurant toutefois, s’ouvrant sur un jardin intérieur au premier étage, prend la forme d’une rotonde, agrémentée d’une quinzaine de tables.

On prend donc place sur une spacieuse table arrondie, depuis laquelle nous observons attentivement l’espace : au centre, un grand îlot sur lequel sont posés les différents liquides de chacune des tables. Le lumineux jardin, confère à l’ensemble un sentiment de jardin d’hiver perché sur les Champs-Élysées, un moment vraiment privilégié…

Après avoir s’être laissés aller à un apéritif, nos amuses débarquent, faisant la part belle au classicisme avec une crème de foi gras, des chips de maquereau et un cromesquis saisonnier. Notre pré-entrée, constituée d’un tartare de langoustine dont la chaire est fabuleusement twistée par une gelée de pomme granny smith ultra punchy n’est pas mal non plus dans son genre !

Débarque ensuite notre entrée et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit d’une merveilleuse légine Australe, confite à l’huile d’olive accompagnée d’une semoule de chou fleur, d’un velouté Dubarry en gravlax et d’une très aérienne chantilly aux huitres. Ce plat témoigne d’une naturalité et d’une délicatesse difficilement descriptible : la subtile délicatesse de la légine, confite dans une huile d’olive premier cru, surprend et décontenance nos papilles par sa gourmandise.

Conquis et très savamment conseillés par Louis-Marie le directeur de l’établissement, on se laisse aller à une deuxième entrée plat signature de la maison et pour cause : l’ormeau de pleine mer et sa gelée de pomme granny smith, parsemée de céleri et de pointes de caviar est un bijoux gastronomique qui nous laissera pantois pendant plus d’une heure (on en parle d’ailleurs encore tous les soirs).

On enchaîne, et non sans envie, avec pour ma part un turbot sauvage et sa polenta à la noisette torréfiée, ses potimarrons de saison déglacés au beurre, ses quelques raisins et son jus d’arêtes au verjus ultra corsé. Ce plat vient titiller mon top 3 des meilleurs assiettes iodées… La gourmandise et la générosité de ce jus y sont pour beaucoup, mais la qualité de la chaire de mon poisson, sa cuisson parfaitement maîtrisée et l’excellence des légumes ornant mon assiette n’y sont pas pour rien non plus….

Mon acolyte préféré opte quant à lui pour le lomo Ibérique servi sur un lit d’oignons au poivre de Tasmanie, accompagné de carottes nouvelles pleine saison et cocos paimpolais : la cuisson laissée à la convenance du chef était d’une maîtrise technique démentielle… Le jus, encore une fois réduit et corsé mais présent comme on souhaitait qu’il le soit, vient rebooster la chaire du lomo en l’a doublant d’une certaine élégance encore une fois très gourmande.
Vous l’aurez compris, dans les deux cas, nos assiettes étaient de grands plats…

Les desserts, réalisés et pensés par Claude Ducrozet le chef pâtissier de l’établissement, n’ont pas à rougir non plus face à la perfection du repas salé que nous venons de déguster. Le baba, imbibé au citron et rhum arrangé, et accompagné de son sorbet citron-basilic vient frontalement défier celui d’Arnaud Larher, une vraie pointure en la matière… Pourtant vraiment pas fan(e) de chocolat mais détestant le baba, je pars un peu par dépit sur le parfait glacé au chocolat Manjari. Sur le papier on pouvait lire qu’il était assis sur un biscuit moelleux et surplombé d’une chantilly légère au chocolat au lait. L’assiette a débarqué et c’est bien bouche bée que j’ai entamé ce prodige… Son visuel, très engageant, n’est qu’une entrée en matière de la beauté gustative qui m’attend… D’une justesse a couper le souffle, ces associations, pourtant classiques, témoignent de la plus parfaite des maîtrises !

On termine sur une infusion et un café, histoire de profiter des dernières mignardises qui nous accompagneront jusqu’à la fin du repas : une petite farandole sucrée, où tous les éléments sont à leur place… Encore une fois, cette étape parfaitement menée, on sortira ce soir là, docilement apprivoisés par cette Diane qui aura placé devant nous ses meilleurs attributs.


Pour conclure : Le Diane restaurant, sous l’égide d’une équipe aux meilleurs savoir-faire (Jean-Yves Leuranguer, Christophe Schmitt, Claude Ducrozet) nous offre une performance doublement étoilable. Du liquide au solide, tout n’y est que finesse et créativité. Les prix sont certes élevés, mais vraiment, le jeu en vaut la chandelle.


Pour votre curiosité et la mienne, voici la mention de tous les fournisseurs qui travaillent avec l’établissement : Jean-Luc Raillon pour les pouces de salade et fleurs comestibles, Joël Thibault la star des légumes, Hugo Desnoyer pour l’agneau de Lozere, Petrossian pour le caviar, France Haliotis pour les ormeaux, Jean Denaux pour la viande, Valrhona pour le chocolat, Maison QuatreHomme pour le fromage, beurre Bordier évidement.

Le Diane