Istr, l’iode et la brise souffle dans le 3ème

15, Mar, 2018 | 3ème, Bistronomique, J'ai eu ma paie, Marin, Paris

Istr, c’est une adresse d’abord découverte lors d’un détour dans la coolisante Rue Notre Dame de Nazareth pour l’anniversaire d’un proche. Coup de foudre ! Décoiffante expérience que ce croisement entre la rassurante cantine de quartier où l’on se retrouve 2 fois par semaine, et une bistronomie iodée de très haut vol. Nous devions donc venir récidiver avec cette fois-ci notre pointue casquette.

On est heureux de retrouver les deux associés du lieu : deux copains, grand sourire mais caractère bien palpable, expérimentés, passionnés, décontractés mais toujours pro, avec qui on aurait d’emblée envie de prolonger la soirée autour de quelques belles quilles pour échanger sur les meilleurs producteurs bretons.

On parcourt le menu avec Philippe, qui nous emmène en ballade sur la côte Atlantique, en nous parlant de ses produits et de ses producteurs avec une précision rare et une passion communicative. Le menu a tout compris : oscillant entre petites assiettes à partager, produits frais de l’écailler ou véritables plats bistronomiques, toutes les envies et toutes les faims s’y retrouvent, sans obligation de passer par la case entrée-plat-dessert.

On prend le large avec un verre de ce surprenant « Hèita » 2016, du Domaine de Moncaut, un vin bien racé du Sud-Ouest, mélange de cépages à dominante Colombard, vivifié par de surprenantes notes salines.

Nos lecteurs savent qu’on ne rigole pas avec le pain : on ne sera pas déçu en découvrant le fameux pain noir d’Ernest et Valentine, avec sa mie onctueuse qui vient absorber tout ce que vous lui ferez côtoyer – surtout l’huile exceptionnelle de carcasse de homards que l’on demandera à goûter pure…

On entame les festivités solides avec ce mystérieux duo de tourteau, gelée de crevette, crème de chou fleur, coiffés d’un palet croustillant au sarrasin. On ne vas pas y aller par quatre chemins : ce tourteau aurait pu aisément venir d’un étoilé. Frais, équilibré, subtil, surprenant : chapeau le tourteau !
De l’autre côté, détour asiatique avec ces maquereaux dorés au chalumeau, sauce teriyaki, sur une base chou-fleur aux milles surprises. Des petits pickles (on en voudrait plus !) viennent puncher cette belle entrée !

On sursaute quand arrive la bouteille « Attention Chenin Méchant », 2016, Nicolas Reau. Ce Chenin a la rage, on se laisse mordre avec plaisir !

On s’enfonce en pleine mer avec le très réussit mi-cuit de thon, crème de sésame noir et avocats. En face, la junk food s’ennoblit avec un Lobster Roll chargé en homard et ses belles frites en forme de fait-maison. Si ce lobster roll s’écarte volontairement de la finesse du reste de la carte, c’est un sommet de gourmandise réussi, respectueux du produit qui ne se laisse pas intimider !

Retour en douceur sur la terre avec cette tarte au citron revisitée (elle a pris la tempête !) et ce trio de choux chocolat, sarrasin et caramel beurre salé. Les choux sont sages : finalement assez légers, aériens et pas trop sucrés… agréables, mais on aurait aimé trouver ce petit twist ou peps qui caractérise le reste de la carte ! La tarte au citron est en revanche une vraie merveille, aussi bien visuelle que gustative : sa promenade en mer lui donne une nouvelle allure, et ses profondes notes citronnées sont vivifiantes !


Pour conclure

Istr est un petit ovni venu tout droit des abysses. Cuisine inventive et gourmande, exigence dans le sourcing produits, belles quilles surprenantes, service bien senti, playlist quali et déco funky… Le tout pour un rapport qualité/prix très raisonnable. En couple, entre amis, à l’apéro ou en late night, prenez le large avec Istr !


Istr

41 Rue Notre Dame de Nazareth, 75003 Paris, France