Freddy’s, la cave à manger de l’Empire Trochon

12, Juin, 2017 | 6ème, Arrondissements, Bar à vins, Bistronomique, Boire, Cave à manger, Français, J'ai eu ma paie, Manger, Paris

Note

Let Pointus introduce you to Freddy’s, le nouveau bar à manger de la rue de Seine : après Semilla (a qui nous avions mis un carton rouge), Cosi (l’une de nos cantines de quartier) et la Boisonnerie, Drew Harré et Juan Sanchez, les propriétaires, remettent le couvert en s’emparant d’un nouveau lieu à moins de 20 mètres de ses 3 frères et soeurs.

Le restaurant partage d’ailleurs une cuisine communicante avec Semilla, mais aussi le sourcing produits, avec notamment de la viande Desnoyer et un pain 100% homemade tout droit sorti du four de Cosi (une tuerie du genre d’ailleurs). Cet endroit hybride, qui refuse de donner son numéro de téléphone et n’accepte pas les réservations, vient habilement compléter le manque de bar à manger dans le quartier.
Côté ambiance, on est dans un cadre de bar nippon modernisé, avec une décoration boisée, épurée mais maîtrisée, et un grand bar chaleureux et accueillant propice aux longues soirées d’été. On vient chez Freddy’s grignoter des tapas bien léchés, préparés dans une cuisine ouverte qui trône au milieu de la salle. On découvre en se penchant un barbecue plein de braises, des planchas crépitantes et des chefs dont l’incontournable MOF Eric Trochon (présent le jour de l’ouverture), accompagné d’un chef japonais notamment. On apprécie d’ailleurs « l’instantanéité » de la cuisine, qui passe de notre commande directement au chef puis qui nous revient quelques minutes plus tard.

Côté carte, une petite sélection de vins assez classique, peu surprenante et peu fournie, mais suffisante pour passer un bon moment. Les tapas sont quant à eux déclinés entre 5 et 15 euros, et font la part belle à la diversité: végétariens, carnivores et autres flexivores y trouvent tous leur compte.

On se laisse aller à un tapas « à tartiner » pulpe d’aubergine et sésame – 5€, un pavé d’espadon grillé au citron – 8€, une brochette de cochon grillé au poivre sauvage – 8€ et un énoki au lard « on the coals » – 5€. Les tapas débarquent, les portions sont petites mais justes pour le prix.
Côté dégustation, si la pulpe d’aubergine nous convainc dès la première bouchée, on regrette un réel manque d’inventivité pour le reste. Même si les cuissons sont maîtrisées et les produits indubitablement frais et sélectionnés, le pavé d’espadon grillé manque de peps. On aurait aimé des sauces un peu travaillées ou des assaisonnements plus marqués. C’est en effet un parti pris bien limité que de servir pour 8 euros un petit pavé de poisson simplement grillé, accompagné de sa simple rondelle de citron. L’énoki nous aura quant à lui pas du tout convaincu : testé à Taïwan pour la première fois, ce champignon savoureux et délicat, s’avère ici largement sous-valorisé par une trop forte présence de gras et de sel du lard – à la limite du comestible pour certains ; un régal de street food pour d’autres…


Pour conclure : Il manque clairement dans le 6ème ce genre de bar à manger qu’incarne Freddy’s, décontracté, abordable et propice à toutes les occasions. Concurrent de l’Etna voisin, pour sa sélection d’assiettes à petits prix mais qualitatifs à déguster entre 2 verres de vin, on aimerait trouver chez Freddy’s un peu plus d’inventivité et d’originalité. Même si la mise en place du premier jour se faisait sentir, la carte manque de personnalité : une identité plus marquée et un élargissement de la sélection de vins sauront certainement faire de cette adresse un lieu populaire des sorties branchées dans le quartier Saint-Germain.


Freddy’s