Feitoria, un étoilé Michelin dans le classieux hôtel Altis Belem

30, Juin, 2017 | Europe, Evasion, Gastronomique, J'ai gagné au loto, Manger, Portugal

Note

Accueillis en grande pompe par une brigade de serveurs élégamment accoutrés, on s’assoit à notre généreuse table étoilée Michelin au joli nom de Feitoria.

Après avoir découvert une vaste salle carrée, décorée avec soin, on entre en matière avec des cubes frais de melon assaisonné de zeste de citron que l’on est invité à manger avec les doigts. C’est frais et délicat, et le fait de les manger avec les doigts contribue à ce plaisir.

On nous sert ensuite deux types de beurres différents, faits maison évidemment, au sel d’Algarve et deux divins petits pains sélectionnés parmi plusieurs choix. Je me laisserai tenter par celui à l’abricot, et curieuse par celui à la bière pomme de terre. Les notes torréfié du pain à la bière viennent parfaitement se marier au généreux beurre gras au sel. C’est une tuerie du genre et on ne peut que s’extasier devant cette alliance de saveurs.
Ces deux entrées en matière sont dignes des restaurants étoilés que nous avons pu côtoyer. On retrouve cette attention au détail propre aux restaurants haut de gamme, et un service prévenant bien qu’ici un peu trop présent.

Pour prolonger l’apéritif, une déclinaison de micro-bouchées nous sera proposée, avec un petit pain fourré au fromage à la façon des nans indiens, une chips de petit poids au tofu et à l’ail, et une pomme de terre noir surplombée par une petite purée d’ail venant relever ses saveurs particulières et terreuses.

S’en suivra une farandole de plats teintés d’iode – parfois trop – puisque nous sommes pour rappel en bord de mer.
L’entrée se matérialise par des fruits de mer : deux palourdes emplies d’un bouillon de dashi à la surface duquel flotte du mais soufflé et une petite crevette. On appréciera particulièrement les chips de crevette, parfaitement réalisées et d’une légèreté sans nom.

Histoire de nous faire tomber de nos chaises, un serveur vient ensuite nous présenter la constitution de notre prochain plat : une incroyable seiche, d’une taille remarquable fait son entrée sur un plateau d’argent.
Après quelques minutes d’attente, l’assiette débarque : un jeu de couleur se créé entre le noir de l’encre de la seiche et la blancheur presque transparente de la chair du poisson. Cette assiette est tout en délicatesse et l’assaisonnement au citron et à l’encre s’avère être une prouesse.

Pour nous surprendre davantage, un plateau à roulette arrive à notre table avec une sorte de broyeur manuel géant. Le serveur s’enquiert de préparer le jus de notre future assiette, une extraction de jus des têtes et ossements des crustacés. Le résultat est sans appel, un liquide ultra corsé qui vient parfaitement se marier avec notre crevette. Le dressage recentre toute l’attention sur le produit et nos papilles sont en émois au moment de la dégustation. Le chef désarme ses convives en ne proposant qu’une assiette de simple apparence mais où tout l’intérêt réside dans une stimulation sensorielle par l’exception du produit.

Nos plats seront plus classiques et moins intéressant avec un filet de Saint-Pierre et crevettes assaisonné d’une sauce au gingembre citronnelle. Nous sera également servie une fabuleuse assiette de champignon, avec une réduction racée ainsi qu’un arbre – non comestible 🙂 – constitué de beignets sucrés.

Notre dessert sera quand à lui complètement déstabilisant, tant en termes visuels qu’en bouche : constitué de champignons et truffe et d’un crumble de gâteau nous resterons mitigés sur cette proposition somme toute intéressante mais trop prononcée en goût pour terminer un repas qui était quant à lui très doux en saveur.


Pour conclure : Feitoria est une belle table, intéressante pour sa sélection de produits très locaux et essayant de mettre en valeur le terroir Portugais. Cette volonté de rester très proche de ses terre apporte quelques déceptions, notamment pour le choix des vins qui n’étaient souvent pas totalement en accord avec les mets. De plus, on regrette un repas un peu trop léger et très orienté poisson, et un dessert très roboratif qui finira pas nous rester sur l’estomac. 


 

Feitoria

Feitoria